THAREL Michel ( 1923 -?)  FNFL                        Marine de Guerre                                                Cuirassé Courbet, Skegness, Aviso Arras, Corvette  Lobélia, Base de la Clyde, Dragueur de mines André-Louis, Dépôt de Cherbourg

Nos remerciements à la Maison des syndicats du Havre.

Nous recherchons une photographie de Michel Tharel

Michel THAREL est né le 2 septembre 1923 à Clasville (76).

Il s'engage dans les Forces Navales Françaises Libres  en Février 1941, affecté à la Marine de Guerre.

Après être passé par le dépôt dess équipages du Cuirassier Courbet, il suit une formation militaire à Skegness, est affecté sur l'Aviso Arras , qui  sert d’École des mécaniciens, chauffeurs, électriciens, fourriers et secrétaires à Portsmouth, où il suit une formation de chauffeur entre le mois de Mai et de Décembre 1941.

Il est affecté de Décembre 1941 à  fin Juillet 1943  sur  la Corvette Lobélia qui assure l'escorte des convois dans l'Atlantique Nord. 

 

Il connaîtra en Février 1942 le faits d'arme de la Lobélia qui coule le sous-marin allemand U-609, au cours de l'escorte du convoi SC118.

La corvette Lobélia en action - Copyright Paul Burel

Récit 

La mission d’escorte du « SC 118 » a lieu du 1er au 11 février 1942. L’escorte (groupe B2) comprend : HMS Vanessa(SO), Vimy, Beverley, Campanula, Mignonnette, Abélia, ainsi que la corvette Lobélia.

Le convoi proprement dit compte 64 navires. La Kriegsmarine, qui a repéré le convoi précédent naviguant en sens inverse (HX 223), s’attend au passage du convoi suivant.

Aussi l’amiral Doenitz, de son PC breton, décide de déployer le groupe « Landsknecht » en ligne de patrouille. D’ailleurs, l’ U-632, le 4 février, repère et signale une concentration de navires suivant le  HX 224.

Le  SC 118 va passer au centre même de la ligne de patrouille des sous-marins. Tous les  U-Boot  disponibles sont rameutés et c’est finalement un total de 20  loups gris qui harcèle sans répit le convoi allié du 4 au 9 février.

L’escorte a été cependant renforcée par une couverture aérienne. En plus des sept bâtiments du groupe  B2 déjà nommés, elle comprend désormais la frégate US Ingham et les destroyers US Babbitt et Schenck entrés en action le 6 février ainsi qu’une escadrille de Liberators.

En dépit de ces moyens de défense, le convoi va néanmoins perdre 13 navires jaugeant 100 000 tonnes dans une violente bataille où 13 submersibles à croix gammée seront grenadés, trois coulés et deux sérieusement endommagés. Deux autres U-Boot, sur les quatre ayant essuyé une attaque aérienne, seront touchés.

La Lobélia a pris une part active à ces combats et elle a coulé pour sa part, en larguant un « pattern » de dix grenades, un sous-marin allemand, dans les premières heures de la matinée du 7 février.

En fait, il s’agit de l’ U-609, perte confirmée par le journal de la Kriegsmarine.

Cet exploit vaut à la corvette un télégramme de félicitations adressé le 16 mars par l’amirauté britannique.

La Lobélia n’en est pas à sa première attaque puisqu’elle a déjà fortement grenadé un U-Boot le 4 février, provoquant l’apparition en surface d’une large tache d’huile qui laisserait supposer une destruction de l’ennemi si les sous-marins allemands n’utilisaient quelquefois cette ruse.

Quoi qu’il en soit, la corvette attaque à nouveau le 7 février un sous-marin, au canon cette fois-ci, mais ce dernier disparaît presque aussitôt en plongée.

Peu après, la Lobélia recueille neuf officiers et trente hommes d’équipage provenant du pétrolier Daghild sur le point de sombrer après avoir été torpillé. Le tanker doit être achevé au canon par la Lobélia.

Blessée par ses propres grenades en voulant couler « à toucher » l’épave d’un autre bâtiment, l’Adamas, la Lobélia subit de graves avaries et doit être prise en remorque, incapable désormais de se diriger par ses propres moyens. Elle peut néanmoins reprendre sa route le 10 février, après des réparations sommaires, et accoste à Greenock Pier le lendemain, jeudi 11 février : la corvette a bien tenu son rang.

Ses réparations achevées, la Lobélia reprend sa tâche ingrate en escorte du convoi  ONS 15,avec l’Aconit et la Renoncule (1)

IMichel THAREL rejoint  en Juillet 1943  la Base de la Clyde où il demeure  jusqu'en Mai 1944.

Il est alors muté sur le dragueur de mines André Louis, qu'il sert jusqu'en Septembre 1944.

Il rejoint  ensuite le dépôt de Cherbourg jusqu'au 1er Janvier 1945, puis revient aux FNFL en Grande-Bretagne et enfin,  retourne au Dépôt de Cherboug du 11 Juin au 30 Septembre 1945. 

Il termine la guerre avec le grade de  Quartier-maître chauffeur.

Il était domicilié rue Perrier au Havre, en 1977.

Ressources

 

Dossier Résistant au SHD de Vincennes (non consulté)  : cote GR 16 P 56691. Nota : date de naissance différente.

 

Archives Résistants de la Maison des syndicats au Havre

 

Matricule :  4755 FN41

 

(1) Les corvettes françaises dans l'Atlantique Nord. Revue de la France Libre, n° 276, 4e trimestre 1991 Lien