LEGENTILHOMME Paul - Etat Major 1ère DFL     (1884-1975) Compagnon de la Libération

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Remerciements à Jean-Michel Cousin (Association des Anciens  élèves du Lycée François 1er)

Le général Paul LEGENTILHOMME et né le 26 mars 1884 à Valognes (50) 

Le père de Paul Legentilhomme était receveur particulier des contributions directes.  Paul Legentilhomme fut élève interne au Lycée de Garçons du Havre (François 1er) de 1896 à 1902, période dont il garde un excellent souvenir comme en témoigne une lettre de 1952, à en-tête de l’Assemblée de l’Union Française dont il est membre : « Je n’ai gardé que les meilleurs souvenirs du lycée comme interne de 1889 à 1902, tant de mes camarades que de mes professeurs »

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 Suivant le désir de son père qui souhaitait qu’il prépare Polytechnique, il entre en taupe au Lycée Corneille de Rouen, alors dirigé par le proviseur Desfours, qui avait antérieurement dirigé le lycée de garçons du Havre. Cependant, en cours de 1ère année, les souhaits du jeune homme s’orientent vers Saint-Cyr, pour devenir officier d’infanterie coloniale, contre l’avis de son père.

Ce dernier le fait convoquer par le proviseur Desfours. Dans un courrier déposé à la Bibliothèque municipale du Havre, Paul Legentilhomme témoigne : « Ah ! Le proviseur Desfours, je lui dois tout ! ... personnellement, je lui dois ma carrière ».

En effet, ce dernier convainquit le père de Paul Legentilhomme de ne pas contrarier sa volonté, et en octobre 1905, le jeune homme put intégrer la préparation de Saint-Cyr (promotion "la Dernière du vieux Bahut") dont il sortira deux ans plus tard [1].

Il choisit la Coloniale et servira en Indochine, au Levant et à Madagascar.

Parti en campagne en août 1914 avec le 23e Régiment d’infanterie coloniale, il est fait prisonnier dans les premières semaines de la guerre et  ne sera libéré qu’en novembre 1918. Promu capitaine durant sa captivité (1915), chef de bataillon en 1924, il est lieutenant-colonel en 1929, juste avant un troisième séjour en Indochine (1931-1935). À son retour en métropole, il est nommé à la tête du 4e Régiment de tirailleurs sénégalais, puis commandant en second de Saint-Cyr (janvier 1937).

 

En janvier 1939, ayant été promu général de brigade, il reçoit le commandement des troupes françaises de la Côte des Somalis à Djibouti, qu’il rejoint le mois suivant.

Dès le 18 juin 1940, dans son « Ordre Général n° 4 », le général Legentilhomme dénonce l'armistice et annonce son intention de continuer la guerre aux côtés de l'Empire britannique. Il tente de rallier la colonie à la France libre mais en vain. A Djibouti comme à Damas, les officiers et les troupes sont, dans leur majorité, fidèles à Vichy.

Destitué le 1er août, déchu de la nationalité française par décret du gouvernement de Vichy, Paul Legentilhomme quitte le territoire et rejoint Londres en octobre.

De Gaulle le nomme général de division en janvier 1941 et commandant des Forces Françaises Libres au Soudan et en Erythrée, sous le commandement du général Wavell. Il rejoint son poste à Khartoum à la mi-février 1941, également chargé par le général de Gaulle de rallier ses anciennes troupes de Djibouti. Dans l’exercice de ce commandement, Paul Legentilhomme prend contact avec les premières unités qui seront bientôt rassemblées au sein de la future Première Division française libre.

 Le 11 avril 1941, de Gaulle lui prescrit de les réunir au sein d’une division, en y adjoignant divers éléments : fusiliers marins, Bataillon d’infanterie de marine, BM1, BM2, éléments d’artillerie du Havrais Jean-Claude Laurent-Champrosay, ...

Cette division est baptisée « Division légère française libre ».

 

Rendez-vous est pris au camp de Qastina, en Palestine, pour une revue de la nouvelle division, le 26 mai 1941.

La journée est historique : LEGENTILHOMME présente à de Gaulle sept bataillons, une batterie, un escadron de spahis, une compagnie de reconnaissance, des éléments de services : « des troupes concentrées mais toujours mal pourvues », lit-on dans les Mémoires de guerre.

« Le général Legentilhomme, écrira Kœnig, nous a laissé le souvenir d’un chef personnellement courageux, vigoureux, qui sait être exigeant quand il le faut, mais toujours très humain et plein de souriante bonhomie. Il aura en quelque sorte ouvert le sillon dans lequel marcheront, après son départ, les commandants de la 1ère DFL  

Le général Koenig et le général Legentilhomme

De Gaulle annonce qu’il faut à présent prendre le contrôle des deux territoires du Levant, que le général Dentz s’apprête à livrer à l’Axe au nom de Vichy.  Quelques jours plus tard, la DLFL entre en Syrie pour un affrontement fratricide sanglant. Paul Legentilhomme est blessé au bras gauche au cours d’un bombardement d’aviation. Il n’abandonne pas son commandement et conduit la division jusqu’à Damas. Après l’armistice de Saint-Jean-d’Acre (8 juillet 1941), les troupes françaises libres se dispersent afin de prendre la relève des troupes du Levant qui choisissent – en toute liberté – de rejoindre la France de Vichy.

Durant l’été, Legentilhomme exerce un éphémère commandement à la tête des FFL d’Afrique française, avant d’être nommé commissaire national à la Guerre le 25 septembre 1941 : il est le lendemain condamné à mort par contumace par la cour martiale de Gannat. Il rejoint Londres au début du mois de novembre. 

Le général Catroux et le général Legentilhomme à Damas Syrie

le 26 mai 1941 (Copyright Getty images)

Paul Legentilhomme, condamné à mort par le régime de Vichy

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Le 9 septembre 1942, le général de Gaulle lui remet la Croix de la Libération à Beyrouth. En décembre 1942, le général Legentilhomme est nommé Haut-commissaire pour les possessions françaises en Océan Indien et Gouverneur de Madagascar. Membre du Conseil de défense de l’Empire (janvier 1943), il reçoit ses étoiles de général de corps d'armée au mois de mars suivant et quitte ses fonctions de gouverneur de Madagascar le 5 mai 1943. 

Le 5 août 1943, il est nommé Commissaire adjoint à la Défense nationale du Comité français de la Libération nationale (CFLN), à Alger puis commissaire à la Défense du CFLN (octobre 1943).

 

A partir de juin 1944, Paul Legentilhomme commande la 3e Région militaire (Rouen) et succède en juillet 1944 au général Koenig comme gouverneur militaire de Paris et commandant de la 1ère Région militaire. [2]

En 1947 il est promu au grade de général d'armée. Conseiller militaire du Ministre de la France d'Outre-mer en 1950 ; il est, en 1952, conseiller technique de François Mitterrand, Ministre d'Etat.

Membre de l'Assemblée de l'Union française de 1952 à 1958 sous l'étiquette UDSR, membre du Conseil de l'Ordre de la Libération en août 1958, il reçoit en juin 1960 la Médaille Militaire. 

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Le général Paul LEGENTILHOMME est décédé le 23 mai 1975 à Villefranche-sur-Mer où il a été inhumé.

 

Grand Croix de la Légion d'Honneur- Compagnon de la Libération (à compter du 2 septembre 1942) - Commandeur de la Légion of Merit (USA)

 

[1] Philippe Manneville in : Bulletin de l’association des anciens élèves n° 63, 4ème trimestre 1975.

[2] D’après : la « Conférence sur les généraux de la 1ère DFL », par François Broche, historien.

 

Ressources

 

  • Biographie de l'Ordre de la Libération LIEN

 

  • En 2010,  150 juniors de l'école secondaire de Palo Alto (Californie) mènent un projet de  recherche à partir d'un artefact de 4 pages constitué de signatures de chefs militaires (généraux, autres officiers (américains, grecs ou français) qui ont contribué à la défaite de l'Axe. Parmi eux , Paul LEGENTILHOMME : The meanderings of a genial man, by Laurie Maemura LIEN

 

  • Vidéo Ecpad : journal filmé 1944 - Le général Legentilhomme nommé Gouverneur de Paris (01'45 à 02')  LIEN

 

  • Vidéo Ecpad : Journal filmé 1945 - le général de Gaulle à Saint Lo, accompagné du général Legentilhomme ( 01'36 à 01' 38)  LIEN