BOULANGER Robert (1918-1975)    FNFL          1er Bataillon de Fusiliers Marins commandos      Badge n°101

Nos remerciements au Musée de tradition des Fusilers marins et Commandos

Robert BOULANGER, dit La Boulange, est né à Graville le 28 avril 1918.

Il intègre le 1er Bataillon de Fusiliers Marins Commandos dès son engagement en octobre 1942.

Dans ses mémoires, Gwenn-Aël Bolloré, alors infirmier au Commando, évoque Robert BOULANGER, dit La Boulange :

« La Boulange, avant de venir au Commando, passa plus de temps en prison qu’en tout autre endroit. Lors d’un séjour prolongé, il se fit tatouer sur le front par un collègue complaisant (et capable), un superbe « Pas de chance » imprimé en Didot du plus beau bleu ! Evidemment, à chaque revue il y allait de ses huit jours de « mitard ». Au cœur du Commando, les choses s’arrangeaient. Mais lorsqu’un amiral assurait une inspection, tout devenait plus délicat. Notre tatoué étant devenu plus sociable depuis qu’il avait « bonne conscience », le docteur Lion décida, avec son consentement, de supprimer son exergue. L’opération, à laquelle je participai comme assistant, comporta quatre stades : piqure de novocaïne pour insensibiliser le tissu ; décollement de la zone frontale ; découpe d’une large bande de peau ; couture longue et pénible d’une tempe à l’autre. Après trois heures d’un travail de « manœuvre de force », le docteur Lion et moi étions plus épuisés que notre patient. Par la suite, La Boulange, qui avait auparavant pris l’habitude d’enfoncer son béret jusqu’aux yeux, simulait de l’avoir égaré afin d’exhiber un front anormalement lisse, où seule une mince cicatrice se confondait avec une ancienne ride » [1].

Source : Mille et un jour pour le jour J" de Maurice Chauvet

 

Parmi les 177 Français du 1er BFMC, il participe avec 16 autres havrais au Débarquement de Normandie à Colleville-sur-Orne (Ousitreham), le 6 Juin 1944 au sein de la Troop 8.

Dans un courrier du 13 juin 1944 à l’intention du contre-amiral d’Argenlieu, commandant des Forces Navales en Grande-Bretagne, le lieutenant de vaisseau Philippe Kieffer rédigea un mémoire de propositions de récompenses pour les officiers et soldats du BFMC. Parmi eux, à la Troop 8 : le matelot Robert BOULANGER, proposé pour la Croix de Guerre avec Etoile de bronze.

 

Le commandant Philippe Kieffer, qui avait été évacué blessé le 9 Juin, est de retour auprès de ses troupes le 13 Juillet 1944 dans la Bataille de Normandie.

Le BFMC se trouve alors dans une guerre de position et de tranchées qui ne convient pas à ces hommes d'action.

Les hommes préfèrent cent fois tomber dans les patrouilles de nuit que sous l'artillerie adverse...

Robert BOULANGER se plaint auprès de Philippe Kieffer : 

" Commandant, voici trois fois que mon tour de patrouille est renvoyé.... encore une nuit de foutue ". [2].

Il devait cependant être évacué, malade, du front de Normandie le 30 Juillet 1944.

Robert BOULANGER sera de nouveau engagé en Novembre 1944 dans la Campagne des Pays-Bas, au cours de laquelle il participe à la prise de Flessingue et de l'île de Walcheren.

 

Sur cette photo prise aux Pays-Bas, Robert Boulanger porte le n° 5

Copyright Musée de tradition des fusiliers marins et commandos

Sur ce second cliché pris à Colijnsplat  aux Pays-Bas,

Robert Boulanger porte le n° 43

Copyright Musée de tradition des fusiliers marins et commandos

 Commémoration du 6 Juin 1964 à Ouistreham

Copyright Musée de tradition des fusiliers marins et commandos

Robert BOULANGER est décédé au Havre le 11 Mars 1975. Il est inhumé au Cimetière de Bléville (11e Division, rang B, tombe 13).

Ressources

 

[1] Commando de la France Libre. Gwenn-Aël Bolloré dit Bollinger. Editions France-Empire, 1984.

 

[2] Béret vert. Philippe Kieffer. Editions France-Empire, 1951.

 

Dossier Résistant aux Archives du SHD de Vincennes (non consulté)  : Cote GR 16 P 79631

 

Page biographique sur le site Ecolenavale LIEN