Forces Navales Françaises Libres (F.N.F.L)

 

Au soir du 18 juin 1940 rares sont les bâtiments de la marine française qui choisissent de rallier le général de Gaulle.

Seuls les sous-marins Narval et Rubis, le patrouilleur Président-Houduce et les cargos Forbin, Anadyr, Capo-Olmo et Rhin poursuivent la lutte ou choisissent de continuer le combat aux côtés des Britanniques.

Ils ont été devancés par le vice-amiral Muselier qui, arrivé le 30 juin à Londres, est immédiatement reçu par le général de Gaulle, qui le nomme, le 1er juillet, au commandement des « forces maritimes françaises restées libres, quelles qu’elles soient et quel que soit l’endroit où elles se trouvent », signant ainsi l’acte de naissance officiel des Forces Navales Françaises Lires (FNFL).

 

Recrutement et armement

Les premières difficultés que rencontre la jeune marine sont nombreuses. Elle doit d’abord, en effet, assurer son recrutement, rendu délicat en raison du ressentiment des marins français en Angleterre, internés à la suite de l’opération « catapult » (3 juillet 40), du débauchage des spécialistes par la Royal Navy, et contrarié par la faible proportion des engagés (un cinquième) destinée à la marine.

Essentiellement issus de la marine marchande, ces derniers sont en majorité originaires des régions maritimes.

Inexistante au lendemain de l’appel du 18 juin, la marine FNFL est forte d’environ 7 000 hommes lors de sa fusion avec les forces maritimes d’Afrique du Nord, le 3 août 1943.

Loin d’être régulier, ce recrutement, après la forte poussée des six premiers mois, atteint son point d’étiage entre 1941 et 1942, après le rapatriement définitif des derniers marins français restés en Angleterre, avant que le débarquement allié en Afrique du Nord ne suscite une nouvelle vague de ralliement jusqu’à la fusion des deux marines.

Cette marine doit aussi assurer son armement. Malgré les réticences initiales des Britanniques, le premier lord de l’Amirauté, sir Dudley Pound, et l’amiral Muselier conviennent du réarmement de certains bâtiments par des équipages français tout en maintenant la dépendance opérationnelle des FNFL vis-à-vis de la Royal Navy (5 juillet 1940).

Pour s'affranchir de cette dépendance, la constitution d'un noyau français permanent à proximité des principales bases anglaises s'im¬pose et permet la création de bases administratives qui, aux colonies ou dans les territoires français libérés, deviennent de véritables points d'appui de la flotte. Aux bases britanniques, aux fonctions essentiellement techniques et administratives, répondent les bases outre-mer d'Afrique-Equatoriale française, du Levant, d'Egypte, de Saint-Pierre-et-Miquelon, des océans Pacifique et Indien, dont la valeur est souvent plus symbolique qu'opérationnelle.

Mais ce réarmement est contrarié par une double pénurie. De matériel d'abord, avec le manque de pièces de rechange, en raison de l'absence de standardisation des deux marines, mais aussi de personnels des différentes spécialités, beaucoup de spécialistes s'étant engagés dans la Royal Navy ou ayant été affectés au sein des bataillons des fusiliers marins.

C'est la raison pour laquelle un enseignement maritime élémentaire de deux mois sur le cuirassé Courbet, suivi de deux semaines d'instruction militaire auprès du bataillon des fusiliers marins est immédiatement mis en place pour les officiers. Mais les lacunes sont telles que la Royal Navy ouvre les portes du Royal Naval Collège de Dartmouth, qui assure la formation des officiers FNFL jusqu'en avril 1943, tandis qu'à partir du mois d'octobre 1940 se met en place une véritable école navale à Portsmouth, à bord du Président-Théodore-Tissier et de ses annexes, les goélettes Etoile et Belle-Poule. Dans le même temps sont créées des écoles qui assurent les besoins de la flotte pour les différentes spécialités (mécaniciens, canonnière, électriciens, détecteurs, transmetteurs. ..).

Jean-Baptiste BRUNEAU

Dictionnaire de la France Libre

 

 

Foulard comportant les insignes des aviso-escorteurs F.N.F.L