TERRIER Roland FNFL, 1ère DFL (1917-1976) 1ère DFL : 13 DBLE                                  Marine de Guerre : Corvette Alysse, Chasseur 43 Lavandou                                                        Fusiliers Marins : 1er BFM, 1er RFM                    Compagnon de la Libération

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Roland TERRIER est né le 8 juillet 1917 à Fécamp.

Il fut élève du Lycée de Garçons du Havre (François 1er) de 1934 à 1936 (2nde et Classe navigation).

 

Roland Terrier est issu d’une famille de marins, son père était capitaine de pêche et ils habitaient 46, rue des bassins à Fécamp. Après la classe de troisième, il embarque à l'âge de 15 ans sur un chalutier comme marin pêcheur.

En janvier 1938, appelé dans la Marine nationale, il signe bientôt un engagement de 6 mois supplémentaires et sert sur le navire école Océan, est breveté radio et se porte volontaire pour servir dans les sous-marins. Il embarque alors à Cherbourg sur le SM Sybille. En septembre 1939, il est affecté comme quartier maître radio, chef de poste sur le patrouilleur La Lorientaise qui coule un sous-marin allemand en février 1940, au large de Cherbourg avant de participer, lors de la débâcle de 1940, à plusieurs voyages d'évacuation depuis Dunkerque.

 

En juillet 1940, Roland Terrier se trouve dans un camp en Grande-Bretagne et passe à travers les barbelés du camp pour s'engager au 1er Bataillon de Fusiliers Marins (1er BFM), récemment créé et placé sous les ordres de Robert Detroyat.

Il participe ensuite, avec la 13e Demi-brigade de Légion Etrangère (13e DBLE) où il est détaché, à l'opération de Dakar, puis au ralliement du Gabon et enfin aux campagnes d'Erythrée et de Syrie jusqu'en juillet 1941.

Légionnaires de la 13 DBLE à Cub Cub en Erythrée (1941)

 En janvier 1942, il rejoint la Marine de guerre des Forces Navales Françaises Libres et embarque comme quartier-maître chef radio sur la corvette Alysse qui escorte des convois en Atlantique Nord.

Le 8 février 1942, l'Alysse est torpillée au large de Terre-Neuve.

Corvette Alysse (copyright Musée de la Résistance en ligne)

D'après les dépositions des membres d'équipages rescapés du torpillage (1) 

A 22 h 00 Z (19 h 00 du convoi) l'Aspirant Guenais prend le quart sur la passerelle en remplacement du lieutenant de Vaisseau Fontagneres, officier en second. Pas de vent, mer plate avec légère houle, ciel couvert, nuit néanmoins assez claire à cause de la lune, visibilité estimée à un mille environ.

L'Alysse est en train d'effectuer des zigzags en protection sur le flanc bâbord du convoi (position K du DE 6). Route moyenne du convoi au 275.

La veille est assurée par quatre hommes, deux sur chaque passerelle ; l'opérateur asdic - quartier maître TERRIER - fait la veille sur écho.

La présence d'un sous-marin dans les parages ayant été signalée dans l'après-midi par le chef d'escorte un homme de quart avait été envoyé à l'arrière, près des grenadeurs, pour renforcer la veille.

A 19 h 11 Z dans l'après-midi, le commandant en chef à Terre-Neuve a donné l'ordre au Sherbrooke de détacher l'Alysse immédiatement et de lui faire faire route directement sur St John's. Mais le message n'a probablement pas encore été reçu ni déchiffré par l'escorte.

A 22 h 30 Z le convoi doit venir au 240. En prévision du changement de route, l'Alysse s'est rapprochée du convoi en diminuant de vitesse et à 22 h 30 reprend ses zigzags de 40°  autour de la nouvelle route.

L'Alysse est à ce moment-là un peu en arrière de son poste, à trois encablures par le travers bâbord des derniers bâtiments de la colonne de gauche du convoi.

Position estimée de l'Alysse a 22 h 30 Z : 46° 22’N – 43° 42’ W, au sud du banc du Bonnet Flamand (360 milles à l'est de Terre-Neuve).

Une minute plus tard, à 22 h 31 l'Alysse reçoit une torpille par bâbord avant. Aucun sous-marin n'a été vu ni détecté.

Le quartier maître TERRIER, à la veille asdic, a bien entendu un fort ronflement mais à peine essayait-il d’en rechercher la direction que l'explosion se produisait.

La torpille a touché l’Alysse à la hauteur de la cloison qui sépare le poste avant du poste des mécaniciens. Tous les hommes qui sont dans ces postes sont tués sur le coup. Seul le matelot chauffeur Bakary Diallo réussit à nager dans le poste et à en sortir. 35 hommes de l'équipage périssent".

La moitié de l'effectif de l'Alysse est portée disparue dont le matelot mécanicien Alain PAILLER.

 

Roland TERRIER fait partie des rescapés.

De retour en Grande-Bretagne, affecté sur le Chasseur 43 Lavandou du groupe des Chasseurs de sous-marins de l'Ile de Wight, il prend part en août 1942 au raid sur Dieppe.

Son unité est affecté par la suite à Pointe Noire où il sert comme second-maître radio pendant six mois.

D'octobre 1943 à janvier 1944, il est affecté sur le patrouilleur Président Houduce.

 

Chasseur FNFL 43 Lavandou (Copyright Wikipédia.org)

Ayant réussi à se faire rapatrier sur Alger, Roland Terrier rejoint à sa demande à Bou Ficha en Tunisie le 1er Régiment de Fusiliers Marins (1er RFM) qui combat dans les rangs de la 1ère Division Française Libre.

Il est alors affecté, comme second maître de 1ère classe chef de patrouille, au 3e escadron de reconnaissance, sous les ordres de Jean Brasseur-Kermadec. A partir d'avril 1944, il participe à la campagne d'Italie et reçoit une citation pour les combats de Ponte Luccano le 5 juin 1944 où il fait la preuve d'un total mépris du danger.

 

Débarquant en Provence (Cavalaire), le 16 août 1944, il est de nouveau cité pour sa participation brillante aux combats de Toulon au cours desquels il réduit au silence une arme antichar au Faron le 23 août. Il prend ensuite une part active à la campagne des Vosges, puis à celle d'Alsace.

Roland TERRIER est démobilisé le 14 novembre 1945, après huit années de service, dont 5 années dans les rangs des FFL.

En octobre 1945, il s'inscrit à l'Ecole nationale de Navigation de Paimpol pour devenir capitaine de marine marchande et obtient son brevet en juin 1947.

Il reprend la navigation comme second capitaine dans la grande pêche jusqu'en décembre 1950, puis embarque, toujours comme second capitaine sur un gros pétrolier.

Roland Terrier obtient son premier commandement en 1959 avant d'être recruté, en octobre 1961, comme inspecteur suppléant de la navigation, par la Direction des Affaires maritimes Normandie-Mer du Nord, poste qu'il occupe au Havre jusqu'en 1971.

 

Roland TERRIER est décédé le 25 juillet 1976 à Fécamp où il est inhumé.

 

Parmi les distinctions de Roland TERRIER : Chevalier de la Légion d'Honneur - Compagnon de la Libération (décret du 20 janvier 1946).

 

Source : Ordre de la Libération

Article paru dans le Courrier Cauchois (Juin 2018)

Ressources

 

Dossier Résistant au SHD de Vincennes (non consulté) GR16 P  565493

 

(1) Extraits de dépositions des membres d'équipage rescapés  de l'Alysse sur le site Postedeschoufs LIEN