TAVERNE René (1916-1993)       FNFL          Frégate La Moqueuse, Aviso Arras, 1er BFMC

Nos remerciements à Jean-Pierre Helias et au Musée de tradition des Fusiliers Marins et Commandos.

Musée de tradition, des Fusiliers Marins et Commandos

 

René TAVERNE est né le 20 septembre 1916 à Epinal (88).

 

Il s'engage dans la Marine en 1936 (classe de recrutement Le Havre, breveté Fusilier). Il  est domicilé 43 rue du Maréchal Galliéni à Bléville (Le Havre) en 1940.

 

Il s'engage en Angleterre  dans les Forces navales Françaises Libes en Août 1940, affecté à la Marine de Guerre sur la frégate La Moqueuse du 3 août 1940 au 1er Janvier 1942.

 

Il est candidat pour les Fusiliers Commandos en Janvier 1942. au moment où Philippe Kieffer commence à entraîner au camp d’Old Dean, près de Camberley, un premier noyau de 16 membres dont font partie les Havrais Pierre TANNIOU, le quartier-maître René TAVERNE, « de la vraie et vieille école des saccos », et Jean Le GUEN.

 

Après un stage sur les armes légères effectué en février 1942 à Eastney Barraks, le groupe s’étoffe, passant de 16 à 29 membres.

Les notes envoyées par les Royal Marines aux autorités françaises et anglaises furent un sésame : la marine britannique lui ouvre, début avril, les portes de son immense dépôt à terre, HMS Royal Arthur, à Skegness dans le Lincolnshire, où le groupe put utiliser les stands de tir, étudier les armes nouvelles, mitrailleuses et mortiers, se perfectionner en anglais et éprouver une atmosphère de discipline rigide. 

 

1942 : le commandant Kieffer et ses hommes 

au dépôt de Skegness

René Taverne au 3e rang debout, le dernier à droite 

René TAVERNE se marie en Angleterre en Avril  1942 avec Leda Geri.

Printemps 1942 au Camp d'Achnacarry

Le 28 avril, le groupe rejoignit le camp d’Achnacarry en Ecosse, pour débuter son stage commando et y poursuivre durant quatre semaines un entraînement intensif. Le château d’Achnacarry et son domaine, où se déroulait la formation avec les commandos britanniques, étaient situés dans les Highlands. Ils avaient été mis à la disposition de la Special Service Brigade par son propriétaire, Sir Donald Walter Cameron of Lochiel.

Le cadre en était austère et sauvage, et la formation particulièrement rude, à base de marches forcées, « école de la souffrance et de la volonté »[1].

Philippe Kieffer et ses hommes sont parmi les premiers étrangers à être formés à de nombreuses techniques dans ce centre d'entraînement dirigé par le lieutenant-colonel Charles Edward Vaughan.

Les nouveaux arrivants doivent parcourir 25 km à pied de la gare au château, puis passer devant des tombes fictives de soldats morts durant l'entraînement, morts qui relevaient, naturellement, d’une faute personnelle... La rigueur de l'entraînement tenait à la difficulté et à la dangerosité des missions qui seraient confiées plus tard aux membres des commandos, derrière les lignes ennemies. Dès le troisième jour, les exercices se faisaient à balle réelle...

 

[1] Selon l’expression employée dans le manuel des instructeurs commandos publié par l’armée britannique.  Philippe Kieffer, chef des commandos de la France Libre, Benjamin Massieu. Ed. Pierre de Taillac, 2013.

 

Criccieth, été 1942

 

Portrait issu du film tourné à Criccieth

 

A partir de Mai 1942, les Commandos stationnent à Ayr en Ecosse, puis s'installent en Juillet à Criccieth, au bord de la mer d'Irlande au Pays de Galles, où ils poursuivent leur entraînement.

Un film sur l'entraînement des commandos fut tourné à Criccieth, dans lequel on peut reconnaître René Taverne (à 0'46 et à 1'02).

 

 

19 Août 1942 : le raid sur Dieppe

En Août  1942 Philippe Kieffer est à la tête d'une Troop de 71 commandos qui attend toujours d'être engagée. 

Dieppe va être le baptême du feu pour 15 d'entre eux. Le 15 Août au matin, le petit détachement quitte Criccieth au Pays de Galles. 

Divisés en trois groupes, ils  doivent  chacun participer à des objectifs stratégiques. Ils ont refusé le port des casques au profit de casquettes et bachis à pompons rouge de la marine française. Les hommes ont également conservé les bandelettes "France" cousues sur l’uniforme.

Le troisième groupe comprenait trois hommes rattachés au n° 4 commando animé par le prestgieux Lord Lovat   : le sous-maître François Baloche, les quartiers-maitres Raymond Rabouhans et René TAVERNE.

Ils mirent pied à terre avec les commandos anglais à 4h50 de l’après-midi du 19 Août devant Varengeville, à 6 km à l’ouest de Dieppe. L’attaque de la batterie de Varengeville semblait impossible, ce fut pourtant un succès complet : ils attaquèrent avec impétuosité, détruisirent les barbelés et, faisant un détour par le ravin, arrivèrent au pied de la falaise. A ce moment l’installation d’une batterie de mortiers permit de neutraliser  la batterie côtière allemande, préparant ainsi le chemin à une attaque à la baïonnette. Cette dernière  réussit pleinement : 32 des hommes de la batterie allemande furent tués et 4 furent faits prisonniers.. Le groupe français entra immédiatement en contact avec les civils, Rabouhans et TAVERNE assurant un rôle de garde sur la route qui courait en haut de la falaise.

Pendant ce temps, François Baloche et la section d’assaut du 4e commando, attaquaient la batterie qui fut complètement détruite.

Le groupe français coupa ensuite la route avec les Anglais à un groupe ennemi qu’il fit prisonnier. Il redescendit ensuite aider au transport des blessés avec les Anglais. Tout le monde rembarqua au prix de 2 officiers et 14 hommes tués. Dans ses mémoires, Lord Lovat relatequ'il y eut aussi à déplorer 40 blessés ou disparus. Les trois français de ce groupe devaient rejoindre sans encombre les appontements de bois de Newhaven le soir et furent félicités par le colonel Lord Lovat.

 

Remise de la Croix de guerre le 14 Juillet 1943

Copyright Musée de Tradition des Fusiliers Marins et Commandos

Citation à l'ordre des Forces navales Françaises Libres en Grande-Bretagne et en Afrique du Nord : le Quartier-maître fusilier TAVERNE René et le Quartier-maître fusilier Rabouhans Raymond, de la première Compagnie des Fusiliers Marins Commandos. « Ont fait preuve le 19 août 1942 des plus belles qualités de courage et de cran et d’ardeur au combat. Après avoir débarqué à Varengeville avec un groupe allié, ont enlevé avec lui à la baïonnette une batterie ennemie, puis participé à des patrouilles qui ont ramené de nombreux prisonniers".

Cette citation donne droit au port de la Croix de guerre avec Etoile de vermeil.

A partir du 15 septembre 1943, il réintègre la Marine de Guerre et sert à bord de la frégate FNFL La Découverte jusqu'au  5 Mai 1945, puis il rejoint la base de la Clyde et enfin la caserne Birot jusqu'à la fin des hostilités.

 

Copyright : SHD Gr 16 P 563630

 

René TAVERNE  prendra sa retraite le 28 Décembre 1957. 

Il fut fait Chevalier de la Légion d'Honneur en 1990.

Il était titulaire de la Médaille commémorative des services volontaires dans la France Libre.

Membre de l'Amicale des Français Libres.

 

Il est décédé le  27 novembre 1993 à Helensburgh en  Grande Bretagne, où il avait passé les vingt-deux dernières années da sa vie.

 

Cette plaque a été inaugurée en 1996 à  Sainte-Marguerite-sur-Mer, près de Dieppe. Copyright helensburgh-heritage.co.uk

Ressources

 

Dossier Résistant au SHD de Vincennes : GR 16 P  563620

 

Matricule 1289 FN 40

 

" Free French Hero made home in Burgh"  Lien

 

Biographie sur le site Parcours de vie dans la Royale Lien