FIFRE Georges (1918- 1941) FAFL                    Groupe Lorraine                                                  Mort pour la France

Remerciements à Frédéric Bruyelle et Bertrand Hugot

Georges FIFRE, né en 1918 à Belfort dans une famille de fonctionnaires qui s'établit  au Havre, est un mordu d’aviation.

Dès sa prime jeunesse, il est formé au groupe havrais de l’aviation légère pré-militaire.

Il part au régiment à Istres, puis la guerre déclarée, est muté à Tarafaoui près d’Oran.

 

Georges FIFRE s’évade de nuit à bord d’un Caudron Simoun dont l'hélice à pas variable ne fonctionne pas.

Dans l'avion se touve également Yves Mahé, Jacques Hazard et Maurice Seguineau. Ce dernier, pilote confirmé et apte au vol de nuit réussit à faire décoller l'avion.

Après un vol difficile, l’avion réussit à se poser à Gibraltar. Georges FIFRE reprend alors l’entrainement dans les école de la RAF avant d’être affecté au groupe de bombardement Lorraine qui venait de se former  en septembre 1941 à Damas en Syrie.  [2] 

1941 - Au terrain 75 : devant l'abri. de gauche à droite : Sergent FIFRE , Sergent-Chef TOURNIER, Sergent LANN,  Sergent-Chef PÉTAIN , Adjudant: PERNOT

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Source : Frédéric Bruyelle

Le 4 décembre 1941, lors du décollage pour une mission au dessus de la piste d’El Adem-Fort Capuzzo, où de nombreux véhicules de la 15ème Panzer sont pris à partie, Georges FIFRE, pilote,  aperçoit un autre Bristol Blenheim britannique décollant en sens inverse. Le choc est effroyable : 

"... Plus d'avion ! Ses bombes ont explosé. Un grand cratère s'est creusé dans le sol. Au fond, un moteur achève de se consumer avec des flammes rougeâtres et sombres.

Le Français est plus loin, écrasé, à demi coupé en deux, le fuselage arraché. Quelqu'un hurle un nom : c'est l'avion de Fifre, un sergent. Un corps est étendu près de l'appareil retourné. On l'emporte. C'est de Maismont, l'obser­vateur, le Frégoli de la France Libre.

L'essence coule par petites cascades le long du plan et grésille sur un des moteurs encore brûlant. Il y a plusieurs milliers de litres dans les réservoirs et les bombes sont là, béantes, à demi arrachées de leur logement.

Les mécaniciens s'affairent autour de l'avion. Il va falloir l'emmener, le traîner au tracteur pour dégager la piste.

Un des mécanos appelle. Il a entendu quelque chose comme une voix qui gémissait. Oui, on entend des cris, des appels à l'intérieur du fuselage.

C'est Soulat. Il est roulé en boule, recroquevillé entre ses deux mitrailleuses qui, elles-mêmes, sont allées se loger dans le fuselage cassé (...) ."  [3] 

 

Georges est extrait des restes de l’avion, grièvement blessé ;  il décède le lendemain 5 décembre 1941 à l’hôpital britannique n° 145.

Le 17 mars 1942, le général de Gaulle le citait :

« Jeune pilote qui s’était avéré plein de promesses. Doué d’un excellent esprit, plein d’entrain, après avoir participé à de multiples opérations dans le Werstern Desert, a trouvé la mort au cours d’une mission ». 

Georges FIFRE  fut inhumé à Halfaya Sollum en Egypte puis son corps fut restitué au Havre ou résidait sa famille et il fut inhumé dans un carré militaire du  cimetière Sainte-Marie, le 29 avril 1952.  [1] 

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Il était titulaire de la Médaille militaire, de la Croix de guerre 39-45 avec palme, de la Médaille de la Résistance.

 

Son nom figure sur le bas-relief des Aviateurs, aux côtés de celui de Jean Maridor, avenue Foch au Havre.

Une rue du quartier des Neiges porte son nom par délibération du conseil municipal du 5 avril 1962.

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Ressources

 

Dossier Résistant au SHD de Vincennes (non consulté)  : Cote GR 16 P 223554

 

 [1]  Croix de Loraine et Croix du sud 1940-1942, aviateurs belges et de la France Libre en Afrique. Vital Ferry, 2005.

 

 [2]  Les bas-reliefs de l'Avenue Foch, Françoise Amiel-Hébert. Corlay imprimeur, 2017

 [3] Les sans-culottes de l'air, Général Martial Valin et François Sommer.

Aviateurs de la Liberté. Mémorial des Forces Aériennes Françaises Libres. Colonel Lafont