3 Compagnons havrais dans la Bataille de Bir Hakeim

Henri AMIEL, Jean-Claude LAURENT CHAMPROSAY et Jacques ROUMEGUERE ont été faits Compagnon de la Libération à la suite de la Bataille de Bir Hakeim, par le même décret du 9 septembre 1942

LA BATAILLE DE BIR HAKEIM - campagne de Libye - 27 mai - 11 juin 1942

Dans les premiers jours de 1942, après quelques succès en Libye, l'Afrika Korps fait retraite vers l'ouest, tandis que la VIIIe armée britannique se prépare à la poursuite. Trois semaines plus tard, Rommel lance une contre-offensive vers l'est et réoccupe Benghazi ; cette fois, ce sont les Britanniques qui se replient sur une ligne Gazala-Bir Hakeim, à laquelle ils vont s'accrocher pour éviter que les forces de l'Axe s'emparent de l'Egypte et du canal de Suez.

 

L'installation. Bir Hakeim est un ancien poste ottoman, puis italien, à quelque 70 km au sud de Tobrouk, dont il ne subsiste que les restes d'un fort (« les Mamelles ») et un puits désaffecté. Venant de Palestine, la brigade française libre (BFL) du général de Larminat a reçu l'ordre d'occuper ce môle sud de la ligne de défense alliée où, en principe, aucun combat décisif ne doit avoir lieu

La BFL (3723 hommes présents) s'y installe le 15 février 1942. Pendant trois mois, Larminat et Kœnig, son adjoint, vont se consacrer à une double tâche : mettre en état de défense la position, en faisant procéder à d'importants travaux de terrassement et en confiant au capitaine Gravier, commandant le génie de la brigade, la réalisation d'un impressionnant système de champs et de marais de mines ; charger de petites formations mobiles interarmes (« Jock colonnes ») de harceler l'ennemi, notamment en attaquant ses groupes isolés ou ses convois de ravitaillement. Tous les bataillons de la BFL partiront successivement en « Jock » et Kœnig lui-même, qui prend le commandement à la mi-avril, paiera plusieurs fois de sa personne. Au début du mois de mai, le commandement britannique acquiert la certitude que Rommel prépare une attaque frontale avec une action de débordement par le sud confiée aux Italiens. Kœnig reçoit l'ordre de tenir Bir Hakeim pendant au moins trois jours, au plus sept jours.

 

L'attaque et le siège. À l'aube du 27 mai, 150 blindés de la division italienne Ariete s'élancent vers le sud-est ; ils sont très violemment repoussés par l'artillerie française -32 chars sont détruits et 91 Italiens capturés. On saura plus tard qu'ils avaient reçu de Rommel de s'emparer de Bir Hakeim en quelques heures. Pour le chef de l'Afrika Korps, cette résistance est la fois une surprise et un camouflet.Quinze jours durant, il va s’obstiner à vouloir prendre une position dont le contrôle n'avait pourtant aucune importance sur la poursuite de l’offensive allemande vers l’Egypte.

 

Du 28 mai au 1er juin, une véritable guerre de course se déroule entre les colonnes françaises sui sortent de Bir Hakeim, et les troupes ennemies qui semblent refluer vers le nord.

Le 31 mai, alors que la Lufftwaffe bombarde la position, Koenig reçoit l’ordre de préparer l’évacuation.

Une colonne, commandée par Félix Broche, le commandant du Bataillon du Pacifique, est chargée de reconnaître la position de Rotunda Segnali à l'ouest de Bir Hakeim, où la brigade doit se regrouper. Tandis que cette colonne, attaquée par l’aviation ennemie, occupe, non sans mal, Rotonda Signali, Bir Hakeim est lourdement bombardé.

Le 2 juin Joenig reçoit l'ordre de tenir encore quelques jours, car les Anglais, bousculés au nord par l'Afrika Korps souhaitent gagner un peu de temps.

Le siège proprement dit commence ce jour là avec l'arrivée devant Bir Hakeim de deux divisions allemandes et de nouveaux et intenses pilonnages aériens. L'étau se resserre à partir du 3 juin : Rommel décide de masser 3 7 000 hommes autour de Bir Hakeim - soit un rapport des forces de un à dix. Kœnig rappelle la colonne Broche et repousse trois ultimatums successifs de Rommel.

La résistance de la BFL commence à impressionner non seulement l'ennemi, qui s’épuise dans des assauts de plus en plus violents, mais l'allié britannique : « Excellent travail. Tenez bon. Toutes mes félicitations », télégraphie ainsi le gé-Norrie, commandant le 30e corps d’armée.

Le 10 juin, enfin, Kœnig adresse ce message à toutes les unités : « Nous remplissons notre mission depuis 14 jours et 14 nuits. Je demande que ni les cadres ni la troupe ne se laissent aller à la fatigue. Plus les jours passeront, plus ce sera dur. » Le soir même, il reçoit l'ordre de quitter la position. « Général Kœnig, lui télégraphie de Gaulle, sachez et dites à vos troupes que toute la France vous regarde et que vous êtes son orgueil. »

 

Bilan. La sortie a lieu de vive dans la nuit du 10 au 11 juin, Les pertes sont importantes : 172 tués durant le siège ou durant la sortie, 1600 prisonniers et 160 disparus les Français ont réussi à retarder la marche de Rommel vers l’Egypte ; elle a également permis aux anglais de se rétablir après les coups portés par l'Afrika Korps.

Enfin, pour de Gaulle, qui confesse dans ses Mémoires de guerre avoir versé des « sanglots d'orgueil » et des larmes de joie », ce premier affrontement direct avec les troupes allemandes constitue un extraordinaire encouragement. Désormais, les Britanniques considèrent les Français comme un allié à part entière. En France, même, l'image d'invincibilité de l'Allemagne se fissure : le fait d’armes de Bir Hakeim redonne courage à une population accablée par les exigences croissantes de l'occupant. « Nous ne tenons pas Bir Hakeim pour Austerlitz, dira André Malraux, mais Bir Hakeim, comme le 1er combat de Jeanne d'Arc à Orléans, a été la preuve que la France n'était pas morte.»

 

François BROCHE

 

Henri AMIEL, Jean-Claude LAURENT-CHAMPROSAY, Jacques ROUMEGUERE dans la Bataille de Bir Hakeim

Henri AMIEL commande le Bataillon de Marche n° 2, unité qui sera la plus éprouvée lors de l’encerclement de Bir Hakeim par le général Rommel, commandant les troupes de l’Afrika Korps.

 

 

Le Commandant Amiel entouré des officiers du B.M 2

Le Commandant Amiel entouré des sous-officiers du B.M 2

A sa gauche, le Compagnon de la Libération MOUNIRO

De dos, le Commandant Amiel à son P.C de Combat

à Bir Hakeim

Carte des opérations du BM2 en Cyrénaique

établie par le Commandant Amiel

A Bir Hakeim : "Le B.M 2 ouvre et ferme le bal" par le général Amiel

Jean-Claude LAURENT-CHAMPROSAY se couvre de gloire à Bir Hakeim. Dès le 27 mai 1942, à la tête du 1er Régiment d’Artillerie, il contribue à briser l'attaque de la division blindée italienne Ariete, puis ne cesse de harceler l'ennemi et de casser ses offensives.

 

 

Croix de la Libération décernée à plusieurs Compagnons
Croix de la Libération décernée à plusieurs Compagnons

Le Commandant Laurent-Champrosay à Bir Hakeim

Les Généraux Catroux et de Larminat confèrent avec leurs officiers après Bir Hakeim

A droite, le Lieutenant-Colonel laurent-Champrosay

Jacques ROUMEGUERE, Aspirant au sein du 1er Régiment d’Artillerie, sous les ordres de Laurent- Champrosay, grièvement blessé le 9 juin, refusera d’évacuer son poste avant le lendemain.

Jacques Roumeguère à Bir Hakeim

Convalescence à Sofar

Jacques Roumeguère fait Compagnon de la Libération par le général de Gaulle Place des canons à Beyrouth  le 29 août 1942.

A l'extrême gauche, le Capitaine Favreau du Bataillon du Pacifique.

La B.F.L à Bir Hakeim par Jacques Roumeguère. Revue de la Fondation de la France Libre n° 44 - Juin 2012

La B.F.L à Bir Hakeim par Jacques Roumeg
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Bir Hakeim - " ici était l'âme de la France Libre", par Jacques Roumeguère

Video - Conférence  "Bir Hakeim, Fort Vauban du désert par Jacques Roumeguère

Les unités du B.M 2 et du 1er R.A. sont Compagnons de la Libération

En savoir plus

Diaporama  sur l'histoire de la Bataille de Bir Hakeim

Banque photographique

  Site officiel du 70e anniversaire

 

Bibliographie

 

• Erwan Bergot, Bir Hakeim, février-juin 1942, Presses de la Cité, 1989

François Broche, Bir Hakeim, la France renaissante, Éditions Italiques, 2003 • Id., Bir Hakeim, mai-juin 1942, « la bataille qui réveilla les Français », Perrin, 2007

• Général Kœnig, Bir Hakeim, Robert Laffont, 1971

• Dominique Lormier, La Bataille de Bir Hakeim, une résistance héroïque, Calmann-Lévy, 2009

• Jacques Mordal, Bir Hakeim, une épopée française, Amiot-Dumont, 1951

• Général Saint-Hillier, « Bir Hakeim », Revue de la France Libre, n° 278, 2e trimestre 1992.